Esprit du prix

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Changements démographiques, allongement de la durée de vie. Les faits sont là. Chiffres sur la situation actuelle et projections à l’appui.
Aujourd’hui près de 17% de la population est âgée de plus de 65 ans. En 2030, ce sera environ 25%. L’espérance de vie à la naissance sera demain, en 2030, de 82 ans pour les hommes et de 87 ans pour les femmes.

Disposer d’un logement confortable et pouvoir y vieillir en toute sécurité, tout en restant en relation avec les autres est le souhait de tous, notamment dans l’avancée en âge.
Plus de 92% des personnes de 80-84 ans vivent en logement autonome, 84% entre 85 et 89 ans, 71% dans la tranche des 90-94 ans.

Les politiques d’habitat et d’urbanisme devraient apporter des réponses concrètes à ces questions et phénomènes inédits.

Or la Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme (FNAU) et la Fondation de France ont pointé les limites des politiques sectorielles qui consistent à empiler des équipements et des services sans prendre réellement en compte les trajectoires de vie et les besoins d’une population aussi hétérogène. La population décrite sous les termes seniors, personnes âgées, retraités, aînés, anciens est très diverse, de même que ses attentes et besoins.
Une, voire deux générations, séparent, dès maintenant, un jeune retraité de ses vieux parents en perte d’autonomie.
On évoque des taux d’équipements au lieu de parler de liens et d’échanges.
Les politiques stigmatisent les catégories de populations (les jeunes, les vieux) et séparent ainsi, ceux et celles qui devraient être rassemblés.

Encouragés par les pouvoirs publics, les promoteurs continuent à exécuter et à soutenir des programmes d’hébergement à destination de « personnes âgées », sans distinction et sans raisonnement à l’échelle du territoire. On peut ainsi observer des logements à l’architecture adaptée mais construits dans des environnements géographiques hostiles, des résidences mal desservies par les transports en commun, des ghettos, …

« Nous devons changer de paradigme ; on ne peut plus considérer que la vieillesse commence à 60 ans » rappelait Geneviève Laroque lors de la Biennale de l’Intergénération, organisée par Accordages en novembre 2008.
Les conséquences à court, moyen et plus long terme, des évolutions en marche (lorsque l’espérance de vie à l’âge de la retraite est déjà de plus de 20 ans), de cette « Vie en plus » que nous avons à apprivoiser, ne sont pas anticipées.

Quel avenir pour les villages seniors ? Pour les logements-foyers ? Pour les Etablissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) ?
Plus généralement, quels territoires de vie pour notre société vieillissante ?

La question essentielle ne réside pas dans celle de l’habitat réduit au logement. Il s’agit de la prise en compte de la vieillesse en termes d’urbanisme, de lui faire la place qui lui revient dans l’espace public.

Habitat, mobilité, vieillissement, mixité sociale, prévention-santé, lien social doivent être appréhendés dans le cadre d’une approche systémique et non pas faire l’objet d’études et de plans distincts.

UN CONCOURS POUR VALORISER LES PROJETS ET REALISATIONS EXEMPLAIRES

AgeVillage, media d’information et de conseil grand public et professionnel sur les thématiques du vieillissement et de la perte d’autonomie et Icade – Immobilière Caisse des Dépôts - sont à l’initiative de ce concours qui vise à valoriser des réalisations exemplaires ou originales d’accueil, d’habitat et d’hébergement.
Les dossiers présentés devront intégrer les critères de « Haute Qualité du Vieillissement » correspondant à l’évolution des besoins et attentes de la population française.

Par Haute Qualité du Vieillissement, nous entendons la conception et la réalisation d’un « territoire de vie », intégrant trois dimensions :

  • un territoire de vie pour tous ;
  • un territoire de vie qui facilite l’accès aux activités nécessaires au bien être quotidien des habitants ;
  • un territoire de vie évolutif et durable, adapté aux besoins actuels et futurs des citoyens.

UN TERRITOIRE DE VIE POUR TOUS

La mixité sociale doit maintenant (ré-) intégrer le « vivre ensemble » entre générations. Contraintes professionnelles, ménages recomposés impactent les relations de proximité entre les différents âges des membres de la famille.
Comment grandir et accepter de vieillir dans l’absence de connaissance, la fausse représentation, pire l’ignorance ou le mépris des vieilles personnes ?
La vieillesse, le parcours de vie qui aujourd’hui peut conduire jusqu’à plus de 100 ans (la France compte déjà plus de 13 000 centenaires) devrait être compris, apprivoisé depuis le plus jeune âge.
« Sans contact avec les vieilles personnes, les enfants grandissent dans une vie en quelque sorte sans "fondement", ils sont en permanence collés au présent. » dit le Docteur Pierre Guillet, l’un des pionniers de la gérontologie.

La solidarité entre générations est maintenant à réinventer sur d’autres modes, celui du voisinage notamment, entre « jeunes » et « vieux », habitant ou travaillant sur un même territoire.
Les enfants, les jeunes et la population en activité professionnelle disposent de temps libre et peuvent rendre service à leurs aînés.
Dans le premier âge de la retraite, on est aujourd’hui actif, en mesure de soutenir la scolarité d’enfants tout autant que d’accompagner une vieille personne (parent ou voisin en perte d’autonomie).
Plus tard, dans l’avancée en âge, avec l’éventuelle perte d’autonomie, lorsque l’univers se rétrécit, maintenir le lien social permet de se sentir vivant et d’éviter un isolement mortifère.

>> Le territoire de vie doit être conçu pour favoriser rencontres et échanges de services entre ses habitants de tous âges.

UN TERRITOIRE DE VIE QUI FACILITE LES ACTIVITES NECESSAIRES AU BIEN ETRE QUOTIDIEN

Prendre en compte le vieillissement actuel et futur dès l’origine d’un projet d’habitat implique de choisir des fonciers en conséquence ou bien d’aménager un environnement auparavant, conjoncturellement défavorable, en répondant à deux principes majeurs :
- la vie est mouvement,
- le « Progrès » permet aujourd’hui d’avoir le désir et le plaisir de vivre longtemps, très vieux et de bien vieillir.

Le Docteur Pierre Guillet, également, inspiré par l’architecture, a comparé la surveillance nécessaire à la solidité des « piliers » des palais vénitiens et des ponts, notamment, au contrôle permanent des « piliers » les plus importants qui soutiennent notre vie quotidienne et permettent d’envisager un « bon vieillissement », à savoir : les ressources, le logement, la santé, la vie sociale et la vie affective. Ces cinq « piliers » sont aussi les clés du bien vieillir.

Un environnement géographique favorable se définit par un territoire qui offre un accès facile pour tous aux commerces de proximité, aux visites de voisinage et auprès des professionnels de santé (pharmaciens, médecins, laboratoires d’analyses), aux services (banques, poste), à des lieux d’activités culturelles et sportives (cinéma, théâtre, centre de loisirs ) et à des espaces publics de qualité pour des moments de convivialité partagée, à des moyens de transports collectifs adaptés, réguliers et fréquents et grâce à ceux-ci.
Le territoire de vie doit permettre aussi, aux plus âgés, en perte d’autonomie, de bénéficier des prestations d’aide à domicile ou de soins infirmiers à domicile soit grâce à leur implantation à proximité soit par un accès facilité des intervenants.

>> Le territoire de vie doit rendre facilement accessibles les clés du « bien vieillir » qui suppose, selon la définition du Docteur Pierre Guillet : « Une harmonie entre la santé, le désir et le plaisir de vivre, et les moyens de vivre. C'est un équilibre entre des risques et des choix de vie, entre un individu et son milieu »

UN TERRITOIRE DE VIE EVOLUTIF ET DURABLE

Il est, semble t-il, habituel de considérer « vieux » celui qui est de 5 ans son aîné. Rares, par ailleurs, sont ceux qui se projettent dans l’avenir. Les conséquences actuelles de nos comportements consommateurs et gaspilleurs sur l’état de la planète et leur impact sur les générations futures en sont la preuve.
Les projets et réalisations d’habitat ne sont adaptés ni aux besoins actuels et futurs d’une population globalement vieillissante, ni à ceux de l’environnement, au sens le plus large.

En matière de logement, les notions de confort et de sécurité sont différentes selon les âges.
Les jeunes retraités ne se considèrent pas vieux et ne réfléchissent pas à de possibles aménagements de leur lieu de vie, ceci malgré leur expérience d’accompagnement de proches âgés, en perte d’autonomie.
Les plus âgés expriment difficilement leurs besoins pour des raisons historiques ou culturelles.
Pour tous, des freins restent à lever (psychologiques, sociaux, culturels).
Par logement adapté on entend, par exemple : douche à siphon intégré, cuisine ergonomique, porte d’entrée de l’immeuble automatique, etc.

La performance environnementale est essentielle à la durabilité du projet. Elle se mesure en termes de gestion énergétique, des déchets, de l’eau, de l’air, etc.

Des logements économes en énergie offrent une qualité de confort sans nécessairement augmenter les coûts à terme. Des matériaux naturels évitent la pollution de l'air intérieur améliorant ainsi l'état sanitaire des logements. Une gestion rationnelle de l'eau et des déchets, en particulier l'utilisation du recyclage des eaux pluviales, préserve les ressources pour les générations futures et limitent l'augmentation des charges des collectivités locales.

>> Le territoire de vie doit être flexible, évolutif et durable, c’est à dire pensé de manière globale dans l’espace et dans le temps.

 
Lancement édition 2013

Le lancement a eu lieu le 1 juillet à Dijon.

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Sous le parrainage du
Ministère des Affaires Sociales
et de la Santé

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